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Expéditions OceanoScientific
Récifs Coralliens 2023-2030

Actualités

Mercredi 18 janvier 2023

Suzuki Marine s'engage dans les Expéditions OceanoScientific

Yvan Griboval, Président de l'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific et Guillaume Vuillardot, Directeur de l'activité Marine de Suzuki France, ont signé un partenariat de longue durée au titre des Expéditions OceanoScientific 2023-2030 dans le showroom parisien de la marque de lingerie de luxe française Lise Charmel, partenaire historique de l'association OceanoScientific. Ce partenariat Suzuki / OceanoScientific portera notamment sur la fourniture d'un moteur Suzuki DF30A pour équiper le pneumatique Vanguard destiné à acheminer les plongeuses et plongeurs scientifiques du catamaran LOVE THE OCEAN jusqu'aux sites d'exploration des Iles Éparses (Terres Australes et Antarctiques Françaises - TAAF) dans le Canal du Mozambique, entre Madagascar et l'Afrique. "Notre choix s'est porté sur ce moteur Suzuki pour sa faible consommation et un système unique qui permet un rejet de CO2 limité. C'est aussi le plus léger de sa catégorie. Ce sont des critères primordiaux lorsque nous serons au milieu de nulle part et que la sécurité des scientifiques en plongée dépendra de la qualité de notre matériel. Disposer d'un semi-rigide Vanguard équipé Suzuki, est une garantie de fiabilité, d'efficacité. Donc un atout pour la réussite de nos expéditions innovantes", a déclaré Yvan Griboval. Et Guillaume Vuillardot d'ajouter "Ce partenariat s’inscrit en cohérence avec notre programme environnemental "Clean Ocean Project" destiné à limiter notre consommation et rejets en matière plastique. Un de ses objectifs est également de contribuer à mieux connaître l'Océan pour mieux en protéger sa biodiversité. Ainsi, nous sommes heureux d'aider OceanoScientific à une meilleure connaissance des données génétiques d'organismes marins en voie de disparition du fait de la Sixième Extinction". 

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De gauche à droite : Yvan Griboval, Président de l'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific 

et Guillaume Vuillardot, Directeur de l'activité Marine de Suzuki France, dans le showroom de la marque de lingerie de luxe 

Lise Charmel, partenaire historique de OceanoScientific. Photo Lise Charmel / OceanoScientific

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Échange cordial dans le showroom de la marque de lingerie de luxe Lise Charmel, partenaire historique de OceanoScientific, entre représentants de deux entreprises mobilisées sur le thème de la préservation de la Nature en général et de l'Océan 

en particulier. De gauche à droite : Guillaume Vuillardot, Directeur de l'activité Marine de Suzuki France ; Olivier Piquet, Président de Lise Charmel ; Yvan Griboval, Président de l'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific ; Marika Doulas, Responsable Communication, Marketing & Presse de l'activité Marine de Suzuki France. Photo Lise Charmel / OceanoScientific

Mercredi 21 décembre 2022

Promouvoir les nouveaux métiers de l'Économie Bleue 

L'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific fait partie depuis près d'un an d'un large consortium public-privé de 27 membres constitué dans le cadre du quatrième Programme d'Investissements d'Avenir (PIA4) de FRANCE 2030. Il porte le projet FAçade Méditerranéenne EXemplaire - FAMEX 2030, initié par le Campus des Métiers et Qualifications d'excellence - Métiers de la Mer - Région Sud, rattaché à l'Université de Toulon, à la faveur de la Commission emploi-formation du Conseil maritime de façade. Dans ce cadre, OceanoScientific organisera de 2023 à 2027 inclus une opération itinérante sur les côtes de Méditerranée, Atlantique et Manche dénommée MER & MÉTIERS et sous-titrée "Révéler les vocations de Demain" dont le catamaran LOVE THE OCEAN sera la base totem. Le départ du Tour MER & MÉTIERS 2023 est fixé de Toulon mardi 21 mars.

S'il paraît évident que l'Océan est l'Avenir de l'Humanité, du fait qu'il est impossible de vivre à huit milliards d'individus et plus en se contentant des ressources terrestres épuisées chaque année de plus en plus tôt dans le calendrier, il est logique de considérer que l'Océan va être ainsi un fantastique pourvoyeur de nouveaux métiers de ce qu'il devient commun d'appeler l'Économie Bleue (Blue Economy).

 

Dans cet esprit est né le projet FAMEX 2030, devenu véritable programme d'actions 2023-2027 par décision gouvernementale à la fin du mois de juillet dernier. Ce dispositif est structuré sur deux axes prioritaires : 

 

AXE 1 - Pêche & Aquaculture d’une alimentation durable, pour faciliter la formation et la sensibilisation des acteurs sur leurs sites d’exercice aux changements des pratiques professionnelles induites par le dérèglement climatique, pour une pêche durable au profit du consommateur. Objectif : s'adapter et veiller à une exploitation vertueuse des ressources pour qu'elles soient durables.

 

AXE 2 - Mobilités marines décarbonées & Ports propres, pour anticiper les compétences nécessaires à la transformation (refit) et à l’hybridation des navires en service, tout en anticipant la mise en œuvre de formations compatibles avec la pratique des nouvelles énergies de propulsion. Toutes les flottes, sans aucune exception sont donc concernées : navires de fort tonnage, yachts de plaisance, bateaux de pêche, unités des bateliers, jusqu'aux annexes et aux drones. Il s'agit de développer des navires d'une nouvelle génération plus sobre en rejets de CO2 dans l'atmosphère.

 

Il est par ailleurs reconnu qu'il ne peut y avoir de compétences et de nouveaux métiers sans une réelle mobilisation d'envergure pour faire connaître La Mer et ses innombrables opportunités au-delà de nos côtes et nos plages. Ce sera l'occasion de mobiliser les lycéens, en priorité, au sujet du Brevet d'Initiation à la Mer (BIMer) créé par l'Éducation Nationale à la jonction de l'éducation scolaire traditionnelle et du monde de la mer, un pont entre passion et raison, savoir et pratique, professionnel et amateur, civil et militaire. Notons d'ailleurs que le BIMer apporte des points optionnels au baccalauréat, histoire de lui conférer un attrait supplémentaire pour les lycéens. Il sera également question à cette occasion de renforcer l’action de l’Observatoire interrégional des Métiers de la mer.

 

Grâce à cette démarche, l'association OceanoScientific développe progressivement une activité réelle d'OceanoScientific Academy qui prône une formation transversale diplômante, en lien avec plusieurs universités, dont celles de Toulon et de Nîmes, en étroite collaboration avec l'École de l'ADN.

 

La première édition du Tour MER & MÉTIERS partira donc de Toulon mardi 21 mars 2023 pour Monaco (mercredi 22 mars au dimanche 26 mars), puis Bastia (lundi 27 mars au samedi 1er avril), et Nice (lundi 3 avril au samedi 8 avril). En laissant passer la période des vacances scolaires et des grands week-ends du mois de mai, le Tour MER & MÉTIERS reprendra à Toulon (dimanche 21 mai au samedi 27 mai dont la Journée Internationale de la Biodiversité lundi 22 mai), La Ciotat (mardi 30 mai au samedi 3 juin), Marseille (lundi 5 juin au samedi 10 juin dont la Journée Mondiale de l'Océan jeudi 8 juin), Sète (lundi 12 juin au samedi 17 juin), pour se terminer à Cannes (lundi 19 juin au samedi 24 juin).

 

À l'occasion de chaque escale du Tour MER & MÉTIERS de nombreuses animations professionnelles seront organisées par les membres du consortium FAMEX 2030, dont à chaque fois un Forum Innov'Bleu conçu et organisé par OceanoScientific et ses partenaires. Il réunira des porteurs de projets innovants et de grands acteurs en capacité de contribuer efficacement à transformer de bonnes idées novatrices en métiers d'avenir de l'Économie Bleue.

 

Durant les navigations de liaison entre les escales du Tour MER & MÉTIERS du programme FAMEX 2030, de petites Expéditions OceanoScientific côtières de collecte de données océanographiques à l'interface Air-Mer seront menées, avec une campagne plus importante durant la trêve d'avril-mai. 

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Le Tour MER & MÉTIERS sera organisé au premier semestre durant les cinq prochaines années (2023-2027),

toujours au départ de Toulon. Le premier départ est fixé mardi 21 mars 2023.

Mercredi 14 décembre 2022

Vanguard Marine s'engage dans les Expéditions OceanoScientific

Le 9 décembre, dans un salon du Yacht Club de Monaco, Philippe Buffe de Mornas, représentant la marque Vanguard Marine sur la façade méditerranéenne française et Yvan Griboval, Président de l'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific, ont signé un contrat de collaboration d'une durée de cinq années dans le cadre des Expéditions OceanoScientific 2023-2027. Vanguard équipera donc le catamaran LOVE THE OCEAN d'une annexe à usage professionnel, principalement destinée à emmener les plongeuses et plongeurs scientifiques de la plateforme océanographique au site de leurs plongées pour explorer les récifs coralliens des Iles Éparses (Terres Australes et Antarctiques Françaises - TAAF) et y rechercher de nouvelles espèces d'éponges sous la direction de Thierry Pérez, Directeur Scientifique de ces missions. Ceci permettra également de séquencer l'ADN / ARN des spongiaires, notamment pour en sauvegarder les données génétiques. "Dans l'Océan Indien, durant nos navigations exploratoires à la voile sans rejet de CO2, nous évoluerons plusieurs semaines dans des zones maritimes sans possibilité d'assistance extérieure. Il est nécessaire de disposer d'un matériel professionnel à la fiabilité avérée. Nous sommes donc très heureux et fiers d'utiliser un pneumatique semi-rigide Vanguard pour cela. C'est un atout supplémentaire, gage de succès potentiel des Expéditions OceanoScientific", a déclaré Yvan Griboval à l'issue de cette signature.

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Philippe Buffe de Mornas (à droite) représentant de Vanguard Marine sur la côte méditerranéenne française et Yvan Griboval, Président de OceanoScientific, ont signé au Yacht Club de Monaco un contrat de collaboration pour les cinq prochaines années, dans le cadre des Expéditions OceanoScientific 2023-2027. Photo Mesi - Yacht Club de Monaco

Mercredi 7 décembre 2022

ADNe, promesse d'Avenir 

Le 15 novembre 2022 la population mondiale était de huit milliards d'individus. La projection est de 8,5 milliards en 2030 et 9,7 milliards en 2050 avec un pic d'environ 10,4 milliards au cours des années 2080 (Source ONU). Les ressources terrestres sont déjà insuffisantes pour subvenir aux besoins de la population mondiale dont le niveau de vie s'accroît, générant une augmentation de CO2 dans l'atmosphère et ses conséquences sur la Nature en général et sur l'Océan, en particulier. L'exploitation de l'Océan est donc inéluctable. Mais comment imaginer l'exploitation vertueuse d'un univers qui existe depuis 3,7 milliards d'années et dont 90% des espèces sont encore méconnues ? Comment gérer durablement les ressources marines si on ne sait pas précisément ce qu'est la vie océanique ? Les travaux relatifs à l'ADN environnemental (ADNe) appliqués à l'océanographie génèrent ainsi une nouvelle promesse d'Avenir, fruit d'une innovation majeure pilotée par des acteurs franco-suisses : Université de Montpellier, ETH Zurich, École Pratique des Hautes Études - PSL, SPYGEN, etc. dans le cadre de la première grande campagne des Explorations de Monaco (2017-2020) à l'initiative de S.A.S. le Prince Souverain Albert II de Monaco, de Sa Fondation (FAP2) et grâce au concours de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse et notamment de Pierre Boissery, qui ont cru et soutenu le développement de cette technologie en Méditerranée.

Avant de développer ce sujet d'espoir pour l'Humanité, rappelons que l’utilisation de l’ADNe permet d'analyser le régime alimentaire d’une espèce, d'inventorier la biodiversité d’un écosystème, de reconstruire la biodiversité passée, de détecter des espèces : invasives, nouvelles, rares ou menacées.

 

En effet, l’ADN est le support de l’information génétique et la signature des êtres vivants. Les individus laissent des traces de leur passage dans l'environnement : des gouttelettes de salive, du mucus, de la peau, des écailles, des déjections, des cellules en décomposition… Ces restes chargés d’ADN qui flottent dans l’air, se déplacent au gré des courants fluviaux et marins et se déposent sur le sol ou dans les sédiments, sont communément appelés ADN environnemental (ADNe). Ainsi, à l’instar des inspecteurs de police scientifique inspectant l’ADN suspect des scènes de crime, les biologistes extraient l’ADN contenu dans des échantillons d’environnement afin de caractériser les espèces qui y vivent, …ou qui n'ont fait que transiter vers d'autres sites (espèces migratrices).

 

Les premières études terrestres en ADNe remontent à 2003, soit il y a seulement vingt ans. En France, la première utilisation de l’ADNe a concerné la détection d’une espèce aquatique de vertébrés, en 2007. Il s'agissait d'identifier la grenouille taureau, Lithobates catesbeianus, introduite dans le Sud-Ouest de la France en 1968. C'est aussi grâce à l'ADNe que des traces d'ADN d'animaux disparus comme le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) et le moa géant (Dinornis robustus) ont été identifiées dans des sédiments de Sibérie et de Nouvelle-Zélande.

 

En 2016, l'initiative du Prince Souverain Albert II de Monaco de prendre le témoin que lui tendait à travers plusieurs générations Son trisaïeul le Prince Albert Ier de Monaco (1848 - 1922) et de relancer un cycle d'Explorations de Monaco alliant les forces vives de la Principauté : Sa Fondation Prince Albert II de Monaco, le Centre Scientifique de Monaco et le Yacht Club de Monaco, a permis à deux scientifiques français : David Mouillot et Tony Dejean, de se réunir autour d'un projet ambitieux.

 

"David Mouillot, professeur à l'Université de Montpellier, écologue marin, avait suivi les travaux que nous avions menés en eau douce avec l'ADN environnemental", explique Tony Dejean, fondateur de SPYGEN. "Il m'a proposé de l'accompagner dans l'aventure maritime de la première des Explorations de Monaco, à bord du YERSIN de François Fiat, sans trop savoir à l'époque où cela nous mènerait. Grâce à cette initiative et au soutien indéfectible de la Fondation Prince Albert II, nous avons pu mener des travaux incroyables, impensables et déployer ces technologies aux quatre coins du Monde. Ainsi, grâce au Prince, nous avons pu établir d'étroites collaborations avec la Colombie, territoire où nous venons d'installer un premier laboratoire d'analyse d'ADN environnemental. En France, l'apport de Pierre Boissery, qui a cru en notre démarche très innovante, nous a permis, grâce à des fonds de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse, de réaliser les premières campagnes d'inventaire fort prometteuses sur les rivages méditerranéens français. Cette collaboration a également permis de développer des bases de références génétiques pour les poissons. Car il ne suffit pas de recueillir des échantillons d'eau de mer et d'en extraire l'ADNe, encore faut-il faire coïncider chaque séquence ADN obtenue avec le nom d'espèces parfaitement identifiées au préalable, afin que l'information soit complète, valorisable, exploitable le cas échéant".

 

Les avantages seraient multiples pour la gestion des pêches adoptant une approche fondée sur l'ADNe : rentabilité, couverture géographique plus large, détection précoce des espèces invasives, évaluation des stocks, exploration d'environnements aquatiques auparavant inaccessibles, découverte de nouvelles espèces profondes, etc.

 

Mais David Mouillot va plus loin : "Si l'étude de la migration des espèces en raison du dérèglement climatique est facilitée par la collecte et l'étude d'échantillons d'ADNe, il faut se rappeler qu'à la différence de l'Homme et des animaux terrestres qui libèrent à leur mort le carbone stocké dans leur organisme, les poissons et les mammifères marins séquestrent le CO2 puis l'expédient dans les sédiments au fond de l'Océan, où il est stocké pour des millénaires. Notre projet "Blue Carbone" a donc vocation à mettre en œuvre des solutions écologiques pour maintenir les stocks de poissons, pour contribuer à la fertilisation de l'Océan et réhabiliter sa fonction naturelle de pompe à carbone. Dans cette démarche, l'intelligence artificielle est un outil que nous utilisons de plus en plus fréquemment et avec succès au sein du laboratoire MARBEC".

 

De son côté, Tony Dejean, établi au Bourget-du-Lac, loin de la mer mais près des rivières, fleuves et lacs, s'est longtemps interrogé au sujet de la manière d'augmenter ses bases de données et d'en faire profiter le plus large panel d'utilisateurs potentiels soucieux de la gestions des ressources naturelles, notamment en développant Vigilife - Observatoire Mondial du Vivant : "Quelle serait la meilleure solution pour recueillir l'ADNe dans un maximum de sites océaniques afin de mieux connaître les espèces présentes ? L'idée m'est venue d'armer une flotte de catamarans à voile de croisière de 15-20 mètres. Ils pourraient se déplacer à moindre coût sur l'Océan sans rejet de CO2 pour recueillir un maximum d'informations en un minimum de temps sur une multitude de sites. Reste à vérifier dans la réalité la pertinence et l'efficacité scientifiques d'un tel dispositif…".

 

"Contribuer à ce que David Mouillot et son équipe au sein de MARBEC, d'un côté, et que Tony Dejean et ses collaboratrices et collaborateurs de SPYGEN et de Vigilife, de l'autre, développent leurs procédures de collecte et d'analyse d'échantillons marins d'ADNe, entre dans le cadre de notre volonté de faire ce que j'appelle la "Science de l'Usage" en opposition à la "Science du Constat", commente Yvan Griboval, Président de OceanoScientific et Directeur des Expéditions éponymes. "Grâce à ces méthodes, il semble possible d'orienter les pêcheurs - côtiers dans un premier temps - vers des sites peu fréquentés du fait de l'habitude, parfois transmise de père en fils, de pêcher systématiquement sur les mêmes sites …en se plaignant que la ressource diminue. Et pour cause, ils ne pêchent qu'à cet endroit ! Grâce à l'utilisation des informations générées par l'étude de l'ADNe, il serait possible d'inciter les pêcheurs à changer leurs habitudes, à prospecter de nouveaux sites et, de ce fait, à permettre à la ressource de se reconstituer naturellement sur des sites de surpêche, pour que leurs actions de pêche deviennent vertueuses et durables. La Nature y gagnerait. Le pêcheur aussi. Quant au consommateur, il aurait la garantie d'un poisson de qualité dans son assiette".

 

Autre usage essentiel pour la pêche, le rôle de sentinelle des espèces invasives grâce à l'ADNe, motivé par la nécessité de détecter de manière précoce ces espèces avant qu'elles ne puissent s'établir, se propager et causer des impacts écologiques et économiques irréversibles.

 

Parlez-en aux marins pêcheurs du Sud Finistère. Ils voient en ce moment leurs objectifs de pêche à la coquille Saint-Jacques sur le gisement des Glénan, plutôt rémunératrice, ruinés par la présence de poulpes (Le Marin & Ouest-France, 23 novembre 2022). Oui une invasion de poulpes en Bretagne ! Ceux-là même que les vacanciers aiment tant déguster l'été sur les terrasses des plages de la Côte d'Azur avec un rosé de Provence bien frais. Vous avez dit dérèglement climatique ?…

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Sous les directives du Professeur David Mouillot, Franck Pichot, étudiant en thèse de l'Université de Montpellier et Lola Romant, stagiaire de l'Université de Montpellier, filtrent l'ADNe avec une pompe péristaltique dans la Réserve des Lavezzi, dans les Bouches de Bonifacio entre Corse et Sardaigne. Photo Lila Desgarnier - UMR MARBEC / Université de Montpellier

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L'identification des espèces se pratique automatiquement par intelligence artificielle sur une simple photo sous-marine

comme celle-ci. Photo Valentine Fleuré - UMR MARBEC / Université de Montpellier

Mercredi 30 novembre 2022

De la compétition à l'expédition 

Alors que les projecteurs des médias étaient braqués sur la Route du Rhum Destination Guadeloupe et ses 138 concurrents, de nombreuses similitudes existent entre compétitions océaniques et expéditions à la voile à vocation scientifique ou culturelle. En effet, la réussite dans un cas comme dans l'autre dépend de la qualité de la préparation.

Ceux qui gagnent les compétitions, ceux qui atteignent leurs objectifs exploratoires, sont ceux qui naviguent sans la contrainte imposée par des problèmes techniques, fruits de spirales infernales qui mènent à l'échec et peuvent s'avérer dramatiques pour l'équipage. Faisons donc ici l'éloge de la (bonne) préparation...

 

"Un dénominateur commun relie Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild, multicoque Ultim), Thomas Ruyant (LinkedOut, monocoque IMOCA 60 du Vendée Globe) et Yoann Richomme (Paprec Arkea, monocoque Class40), chacun vainqueur dans sa classe à Pointe-à-Pitre : ils sont arrivés au terme de la traversée de l'Atlantique en provenance de Saint-Malo avec des montures en parfait état. Ils se sont donc concentrés sur la navigation et la stratégie, prioritairement vis-à-vis des phénomènes météo, tout en observant les choix de leurs concurrents qui, au fil du temps, sont devenus leurs poursuivants" explique Yvan Griboval, Président de l'association OceanoScientific et Directeur des Expéditions OceanoScientific dont celle de 2016-2017 autour du Monde en solitaire de Monaco à Monaco. 

 

"Un observateur terrien rétorquera qu'à la différence d'une course au large, la notion de performance n'entre pas en ligne de compte dans le résultat final d'une expédition à la voile. C'est une erreur. Car la vitesse est un facteur majeur de sécurité. Être en capacité de réaliser de bonnes performances, c'est avoir la possibilité de choisir sa route pour naviguer dans des conditions de mer et de vent manœuvrables, d'échapper à du gros mauvais temps qui menace le navire et son équipage. 

 

Durant l'Expédition OceanoScientific 2016-2017 de collecte de données scientifiques à l'interface Air-Mer sous le 40e Sud, lorsque j'étais au milieu du Pacifique avant de plonger vers le Cap Horn, je me suis retrouvé dans une situation délicate du fait que le centre d'une dépression très creuse était située environ cent milles (près de 200 km) plus au Nord que les prévisions météorologiques ne le prévoyaient. Il est évident que si je n'avais pas eu un bateau et son équipement en parfait état, d'une part et si je ne m'étais pas mis en mode "course", d'autre part, je risquais une punition qui promettait d'être fatale pour l'expédition comme pour moi-même. C'est en cravachant ma monture, comme lorsque je pratiquais la course au large, que j'ai réussi à m'extirper de ce mauvais pas, non sans me faire coucher une ou deux fois par des vagues pyramidales.

 

Lorsque nous allons nous rendre aux Iles Éparses (France) au départ du Club Nautique de la Marine à Toulon puis du Yacht Club de Monaco pour travailler sur les récifs coralliens à la recherche de nouvelles espèces d'éponges, notamment pour en sauvegarder les données génétiques en les confiant ensuite à des étudiants dans le cadre de l'OceanoScientific Academy pour en valoriser les molécules d'intérêt pour un usage au profit de la Santé et du Bien-être (Dermatologie - Cosmétologie - Nutrition), nous allons naviguer dans des zones maritimes plutôt hostiles, qu'il s'agisse du Sud de la Mer Rouge dans le goulet d'étranglement qui mène à l'Océan Indien - par ailleurs zone de piraterie active entre Yémen au Nord et Érythrée et Djibouti au Sud - ou au Sud-Ouest de l'Océan Indien, au Nord de Madagascar, espace de prédilection de fortes dépressions tropicales qui se transforment fréquemment en ouragans dévastateurs" explique encore Yvan Griboval. 

 

Et de conclure : "C'est pourquoi, même si nous n'aurons aucun objectif sportif dans le cadre des Expéditions OceanoScientific, l'accent sera quand même porté sur les performances du catamaran LOVE THE OCEAN et, par conséquent, sur l'excellence souhaitée de sa préparation".

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La prise en mains du catamaran DRAGOON, en passe de devenir le nouvel OceanoScientific Explorer dénommé LOVE THE OCEAN, commence par l'inspection de son équipement, réalisée par Yvan Griboval et Maxime Dréno, Préparateur technique des OceanoScientific Explorer et fidèle second du Directeur des expéditions. Photo OceanoScientific

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Une fois contrôlée à bord, chaque voile est destinée à une inspection détaillée sur le plancher d'une voilerie pour quelques réparations le cas échéant et pour recevoir modifications et renforts sollicités par Yvan Griboval et Maxime Dréno.

Photo OceanoScientific

Vendredi 18 novembre 2022

Carénage au Portugal 

La phase de préparation des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 se poursuit, notamment toute la semaine du 7 au 11 novembre à Figueira da Foz (Portugal) par le carénage du catamaran LAGOON 570 (57' - 17 m) DRAGOON qui devient progressivement le nouvel OceanoScientific Explorer dénommé LOVE THE OCEAN.

"Je ne sais pas attribuer la difficulté de boucler nos budgets à la guerre en Ukraine, à la crise économique qui ne cesse de se développer, à l'horizon économique et social très sombre, ou à un méchant cocktail des trois, mais nous ramons !" explique Yvan Griboval, Président de l'association OceanoScientific et Directeur des Expéditions OceanoScientific

 

"D'un côté, nous aurions aimé partir du Yacht Club de Monaco jeudi 17 novembre à destination de l'Océan Indien comme je l'avais imaginé il y a plusieurs mois, bien que nous n'aurions pu réaliser qu'une petite dizaine de jours d'exploration des récifs coralliens de Juan de Nova (Iles Éparses - France). 

 

De l'autre, le développement de nos objectifs scientifiques a pris une telle envergure qu'il faut considérablement allonger la période de préparation pour délivrer ce que les chercheurs attendent désormais de nous. 

 

Enfin, nous sommes engagés dans une très importante opération programmée durant cinq mois (mars - juillet) chaque année durant cinq ans à compter de 2023 - événement porté par pas moins de 27 membres d'un consortium exceptionnel qui sera dévoilé en janvier prochain - et sa mise en œuvre requiert ma présence à terre plutôt qu'à batailler contre les vents contraires de la Mer Rouge !" explique encore Yvan Griboval. 

 

Et de conclure : "Nous en profitons pour ajouter une nouvelle fonction à nos navigations OceanoScientific qui participeront à une grande première scientifique en Méditerranée lancée jeudi 23 mars à l'occasion de la Monaco Ocean Week 2023. Par conséquent, nous disposons de plus de temps à consacrer à la préparation de nos équipements nautiques et scientifiques comme au bouclage de nos budgets. C'est un gage de succès, car celui-ci se construit en amont, à terre, toujours bien avant de larguer les amarres…"

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Sur le slipway de Figueira da Foz (Portugal), Maxime Dréno, Préparateur technique des OceanoScientific Explorer 

et fidèle second de Yvan Griboval, veille au bon échouage du catamaran DRAGOON,

en passe de devenir la plateforme LOVE THE OCEAN. Photo OceanoScientific

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Coques impeccables de ce LAGOON 570 construit en 2000 et mis en service en 2001, ce catamaran

signé par le Cabinet Vincent Lauriot-Prévost - Marc Van Peteghem est définitivement la plateforme idéale pour

les Expéditions OceanoScientific 2022-2027, tout comme pour les navigations programmées chaque premier semestre

dans les eaux de Méditerranée occidentale et le long des côtes françaises d'Atlantique et de Manche. Photo OceanoScientific

Lundi 24 octobre 2022

Initiation sous-marine en Méditerranée

Au sud-ouest des calanques de Marseille, sur le tombant de l'Impérial du large, mythique site de plongée de l'Archipel de Riou où se côtoient loups, barracudas et bonites, les deux scientifiques et plongeuses de l'association OceanoScientific : Carla Di Santo (Responsable de plongée) et Linn Sekund se préparent aux plongées exploratoires dans les Iles Éparses (Océan Indien - France - TAAF) des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 sous la direction du Docteur Thierry Pérez, Directeur de Recherches CNRS de l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale - IMBE établi dans la Station Marine d'Endoume (Marseille), qui préside à la définition des objectifs scientifiques de ces campagnes innovantes à la voile sans rejet de CO2 en collaboration avec le généticien Christian Siatka enseignant-chercheur de l'Équipe CHROME de l'Université de Nîmeset avec l'enseignant-chercheur Didier Leandri (SeaTech - Université de Toulon & Laboratoire Information Génomique et Structurale / IGS - CNRS). Grâce à un de nos meilleurs spongiologues en activité, l'objectif est d'apprendre à échantillonner de toutes petites parties des éponges sans les blesser. Il s'agit donc d'apprendre à travailler avec précision par 20 à 30 mètres de profondeur. Cela passe auparavant par l'identification des espèces à échantillonner et la documentation des individus recensés. Carla et Linn peuvent difficilement avoir meilleur professeur que le Docteur Thierry Pérez, par ailleurs Directeur Scientifique des Expéditions OceanoScientific 2022-2027.

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Linn Sekund (à gauche) et Carla Di Santo (Responsable de plongée) s'apprêtent à identifier, à documenter et à prélever

des échantillons de spongiaires de Méditerranée sous la direction du Docteur Thierry Pérez, Directeur de Recherche CNRS

et Directeur Scientifique des Expéditions OceanoScientific 2022-2027. Photo Thierry Pérez - CNRS - IMBE

Lundi 5 septembre 2022

Cap sur les éponges méconnues de Juan de Nova 

Après avoir consulté et étudié plus d'une année durant ce qui serait le plus pertinent scientifiquement dans le cadre des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 comme thème d'études parmi quatre familles d'organismes marins des récifs coralliens : Cnidaires/Anthozoaires (Corail - Anémones de Mer - Méduses), Ascidies (Invertébrés), Spongiaires ou Porifera (Éponges), Végétaux (Algues), le choix s'est définitivement porté au cours de l'été sur les éponges. Ce sont les premiers animaux multicellulaires apparus sur la Planète il y a environ 650 millions d'années et, par conséquent, les premiers animaux marins à peupler l'Océan. Les éponges sont par ailleurs réputées pour leur extraordinaire potentiel de molécules d'intérêt pour la Santé et le Bien-être. Environ 18 000 molécules ont déjà été répertoriées pour 9 000 espèces d'éponges identifiées à ce jour, alors que les spongiologues s'accordent à reconnaître qu'il en reste encore beaucoup à découvrir… Les recherches océanographiques sur les récifs des Iles Éparses (France) concerneront les cinq îles. Juan de Nova sera explorée en premier, en janvier 2023. Puis suivront dès novembre 2023 : Tromelin, Glorieuses, Bassas da India et Europa. Juan de Nova se situe dans le Canal du Mozambique (Océan Indien), au large à l'Ouest du centre de Madagascar, une zone réputée pour sa fantastique biodiversité. Les premières campagnes océanographiques des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 dans l'Océan Indien seront donc menées sur ce site, à la fois balayé par les dépressions tropicales et les cyclones, mais également "super garde-manger" des grands squales de l'Océan Indien : grands blancs, tigres et bouledogues…

Si Yvan Griboval est concepteur et Directeur des Expéditions OceanoScientific, il était nécessaire que la Direction Scientifique soit assumée par un spécialiste incontesté, un spongiologue renommé. C'est donc le Docteur Thierry Pérez, Directeur de Recherches CNRS de l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale - IMBE établi dans la Station Marine d'Endoume (Marseille), qui présidera à la définition des objectifs scientifiques des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 et à la mise en œuvre des procédures innovantes de ces campagnes océanographiques à la voile sans rejet de CO2. 

 

Le Docteur Thierry Pérez collaborera étroitement avec les Professeurs Christian Siatka (Conseiller Scientifique en Génétique et Directeur de l'École de l'ADN) et Didier Leandri (Conseiller Scientifique en Robotique Sous-Marine et Interventions sous la mer). Cette équipe sera renforcée pour d'autres aspects scientifiques, notamment ceux relatifs à la collecte de données à l'interface Air-Mer par l'OSC System et l'échantillonnage de contaminants, par les partenaires historiques de OceanoScientific : Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (Ifremer), Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN), Météo-France et l'Unité Mixte IMAGO : Ifremer - Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

 

Ces engagements de nature scientifique, qui vont rendre les Expéditions OceanoScientific 2022-2027 uniques en leur genre, répondent au souhait de leur concepteur, Yvan Griboval, de s'inscrire dans le sillage des Campagnes Scientifiques menées par le Prince Albert Ier de Monaco (1848-1922) sur ses yachts. En effet, le Professeur Émile Topsent (1852-1951) profita des navigations exploratoires menées de 1885 à 1915 pour découvrir, identifier et référencer des éponges alors inconnues.

 

Aujourd'hui encore, les trois Fascicules réalisés par l'éminent spongiologue Émile Topsent sous l'autorité du Prince Albert Ier et la direction éditoriale et scientifique des Professeurs Jules de Guerne et Jules Richard, font référence. Ils sont d'ailleurs toujours utilisés dans les laboratoires, notamment dans celui de la Station Marine d'Endoume par le Docteur Thierry Pérez et, précédemment, par son mentor, le Docteur Jean Vacelet qui a découvert les éponges carnivores.    

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Juan de Nova, pour la majorité des observateurs, est une île déserte et paradisiaque aux plages de sable blond immaculé.

Pour le marin, c'est un univers hostile sans abri possible, aux nombreux récifs affleurants, aux violents courants de marée,

au fort marnage qui modifie sans cesse le paysage côtier : un piège en haute mer source de nombreux naufrages. Photo TAAF

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Carla Di Santo, Coordinatrice Scientifique et Responsable de Plongée des Expéditions OceanoScientific 2022-2027,

sera la collaboratrice attitrée du Docteur Thierry Pérez, à la fois durant les explorations des récifs coralliens

de Juan de Nova, mais également en laboratoire dans la Station Marine d'Endoume. Il en résultera

une thèse relative aux objectifs scientifiques définis par le Docteur Pérez. Photo OceanoScientific

Mardi 30 août 2022

Achat de la future plateforme LOVE THE OCEAN 

Jeudi 4 août, Yvan Griboval a signé avec Helena Nyhlén, la propriétaire, le Sale & Purchase Agreement d'un catamaran LAGOON 570 (17 mètres) sur plans du célèbre cabinet d'architecture VPLP Design, leader mondial incontesté des multicoques océaniques de compétition comme de croisière. Depuis son retour de l'Expédition OceanoScientific 2016-2017 autour du Monde en solitaire, en juin 2017, Yvan Griboval est à la recherche du voilier qui deviendra le nouvel OceanoScientific Explorer dénommé LOVE THE OCEAN. Mais le cahier des charges a été modifié au fil du temps, au fur et à mesure que les objectifs océanographiques évoluaient. L'objectif était également de consacrer un budget restreint dans l'achat de cette plateforme, pour favoriser les investissements dans les matériels scientifiques et dans les campagnes exploratoires elles-mêmes. C'est donc cinq ans plus tard, au terme de l'étude du 32e dossier, que le choix final a été effectué : DRAGOON, actuellement sous pavillon suédois, basé à Figueira da Foz au Portugal. Yvan Griboval et son équipe, dont son fidèle second Maxime Dreno, en prendront livraison durant la première semaine du mois d'octobre. Ce catamaran rejoindra aussitôt la Rade de Toulon où il sera préparé pour le Grand Départ de la première des cinq Expéditions OceanoScientific à destination de Mayotte puis des Iles Éparses (Océan Indien - France) : jeudi 17 novembre du ponton d'honneur du Yacht Club de Monaco.

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À l'occasion de la signature du Sale & Purchase Agreement, le 4 août 2022 à Figueira da Foz (Portugal), Yvan Griboval

et Helena Nyhlén à bord du catamaran  DRAGOON, le futur OceanoScientific Explorer qui sera dénommé LOVE THE OCEAN, septième de la série LAGOON 570 mis à l'eau en 2001. Photo OceanoScientific

Mardi 28 juin 2022

Mieux appréhender le dérèglement climatique 

Dans un peu moins de cinq mois, la première campagne océanographique à la voile sans rejet de CO2 du cycle des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 à destination des Iles Éparses (Océan Indien - France) quittera Marseille, puis Toulon, Nice ensuite et le Yacht Club de Monaco cap au Sud-Est. Le nouvel OceanoScientific Explorer, un catamaran dénommé LOVE THE OCEAN, sera équipé de l'OSC System Version 4.0 de collecte de données physico-chimiques à l'interface Air-Mer, lui-même piloté par le nouvel OSC-Software (Version 3.0), tout juste finalisé par les équipes de ROM-arrangé, le spécialiste des systèmes informatiques embarqués et des communications satellitaires sur les voiliers de course océanique : monocoques IMOCA 60 du Vendée Globe comme trimarans Ultim. C'est d'ailleurs grâce à un logiciel destiné à ces voiliers d'exception que l'idée qui a présidé à la création du Programme OceanoScientific en 2006 se concrétise seize ans plus tard. Pendant ce temps, les deux scientifiques plongeuses professionnelles de l'association OceanoScientific continuent leur apprentissage des techniques de séquençage ADN/ARN sous la tutelle du Professeur Christian Siatka de l'École de l'ADN, désormais en relation avec les équipes de l'antenne française de Thermo Fisher Scientific, leader mondial des services scientifiques.

"Autodidacte et sans aucune formation de scientifique, océanographe, météorologue ou climatologue", explique Yvan Griboval, "j'ai imaginé en 2005-2006 que si on collectait un grand nombre de données à l'interface Air-Mer à un même instant, à un même endroit et qu'on reportait l'ensemble sur un seul tableau, on devrait potentiellement observer quel paramètre évolue avec quel autre. Les scientifiques pourraient alors mieux appréhender les causes et les conséquences du dérèglement climatique, surtout si on réalise cela dans des zones maritimes essentielles pour le Climat, mais peu ou pas renseignées, comme le Grand Sud où j'ai mené l'Expédition OceanoScientific 2016-2017. Or, jusqu'ici, personne ne réussissait à mettre en œuvre ce fameux graphique aux données évoluant ensemble en temps quasi réel sur des voiliers, de surcroît de petite taille, inférieurs à vingt mètres. Aujourd'hui, grâce au travail de Louis Civilise (ROM-arrangé / École Supérieure d'Électronique de l'Ouest - Angers), ce rêve un peu fou lorsque je l'ai fait il y a plus de quinze ans devient réalité. C'est une immense satisfaction !"

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Dans les ateliers de ROM-arrangé à Lorient, Louis Civilise présente à Linn Sekund (OceanoScientific) les fonctionnalités de l'OSC-Software 3.0, dont le fameux graphique évoluant en temps quasi réel de l'ensemble des données physico-chimiques des paramètres essentiels de l'interface Air-Mer, qui sont collectées automatiquement par l'OSC System. Photo OceanoScientific 

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Mathieu Boimard (au centre), Responsable scientifique européen des matériels de séquençage au sein de Thermo Fisher Scientific France, échange avec le Professeur Christian Siatka (à droite), créateur et Directeur de l'École de l'ADN,

au sujet des performances du séquenceur haut débit Ion GeneStudio S5 XL Prime System de Ion Torrent, en présence, de gauche à droite, de : Carla Di Santo et Linn Sekund, scientifiques de l'association OceanoScientific et Guillaume

Tenca (ex-Directeur de QIMA Life Science / Directeur de BuzzUp). Photo Bouchera Douah (Thermo Fisher Scientific)

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Scientifiques et plongeuses professionnelles, Linn Sekund et Carla Di Santo (à droite) de l'association OceanoScientific, auront également à réaliser les séquençages ADN/ARN à bord du catamaran LOVE THE OCEAN. Elles se familiarisent ici avec le KingFisher Duo Prime de Thermo Fisher Scientific, grâce aux explications de Emmanuel Guillard, Responsable scientifique des produits KingFisher (dissimulé derrière Linn Sekund). Ce matériel sert à la préparation des échantillons. Il offre une extraction et une purification constantes de l'ADN/ARN, des protéines et des cellules. Photo Bouchera Douah (Thermo Fisher Scientific)

Lundi 16 mai 2022

Histoires de requins tigres et requins bouledogues à Marseille 

Plus la date de départ de la première des cinq campagnes des Expéditions OceanoScientific 2022-2027 à destination des Iles Éparses (Océan Indien - France) se rapproche - ce sera durant la seconde quinzaine du prochain mois d'octobre consécutivement à Marseille, Toulon, Nice et Monaco - plus chaque paramètre est étudié dans le détail. L'éloignement des Iles Éparses de tout port et leur positionnement sur la route des cyclones et des puissantes dépressions tropicales de l'Océan Indien sont des conditions qui compliqueront ces campagnes océanographiques à la voile sans rejet de CO2. Le respect des habitants des récifs coralliens qui seront bioprospectés par Carla Di Santo et Linn Sekund sera primordial. En effet, ces iles inhabitées et interdites d'accès sont réputées pour leur extraordinaire biodiversité. C'est donc probablement un des endroits au Monde où la concentration de grands requins est la plus forte. Tigres, bouledogues et autres espèces sont légions ! Pour cela, l'équipe des Expéditions OceanoScientific vient de se renforcer. Steven Surina, un des plus célèbres plongeurs professionnels spécialisés dans l'étude du comportement des grands squales rejoint l'équipage du catamaran LOVE THE OCEAN, avec la double tâche d'encadrement sécurité des deux plongeuses par le "dialogue" avec les squales et la réalisation de reportages vidéo de leurs plongées …lorsque requins tigres, bouledogues et autres espèces l'autoriseront. Steven, devenu maître en interprétation du langage corporel de ces animaux extraordinaires, effectue près de trois cents plongées par an avec des touristes pour les mettre en contact avec ces requins en toute sécurité, dans le cadre de ses missions de Shark Education. Prochaines stagiaires avant les plongées aux Iles Éparses : Carla et Linn…

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Steven Surina au contact de requins tigres aux Bahamas. Gros animaux curieux, ces squales réputés terribles prédateurs peuvent être de paisibles compagnons de jeux à qui sait se comporter avec bienveillance avec eux,

une fois leur langage corporel assimilé et interprété. Photo Joe Mazzi

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Les plongeuses professionnelles scientifiques Carla Di Santo (à gauche) et Linn Sekund (OceanoScientific) entourent

Steven Surina au terme de la première réunion de préparation des plongées aux Iles Éparses. Steven cumulera

le rôle de "Plongeur Sécurité" et, parfois, de Chef opérateur de prises de vues sous-marines. Photo OceanoScientific

Lundi 14 mars 2022

 Préparation des équipements et procédures scientifiques 

L’équipe scientifique de l'association OceanoScientific s'élargit et progresse dans la préparation des Expéditions OceanoScientific 2022-2027. D'un côté, la définition des procédures relatives aux séquençages ADN et ARN d'échantillons d'organismes marins. Ils seront réalisés à bord du nouvel OceanoScientific Explorer dénommé LOVE THE OCEAN durant l'hiver prochain (été austral). De l'autre, les équipements constitutifs de la Version 3.0 de l'OSC System. La collaboration technique avec l'antenne de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Plouzané (Brest - France) se prolonge ainsi sous les directives de l'ingénieur Denis Diverrès, dont les conseils avisés permirent le succès de l'Expédition OceanoScientific 2016-2017 sous le 40e Sud. Quant à la grande innovation qui va consister à réaliser le séquençage génétique d'organismes marins des récifs coralliens des îles françaises de l'Océan Indien sur un voilier, un partenariat est mis en œuvre avec l'École de l'ADN dirigée par le Professeur Christian Siatka à Nîmes (France). 

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Les 22 et 23 février 2022, dans les locaux de l'École de l'ADN à Nîmes, Linn Sekund, à gauche et Carla Di Santo encadrent le Professeur Christian Siatka qui leur apprend les gestes essentiels des procédures de séquençage qu'elles auront à mettre en œuvre à bord du catamaran LOVE THE OCEAN. Photo OceanoScientific

Après Linn Sekund, Suédoise dotée d'un master de conservation de la biodiversité marine obtenu au Portugal après une licence en management environnemental en Grande-Bretagne, qui a rejoint les Expéditions OceanoScientific dans le courant de l'année 2020 au poste de Coordinatrice Scientifique, c'est au tour de Carla Di Santo d'intégrer l'association OceanoScientific en ce début d'année 2022. Antérieurement technicienne de laboratoire en microbiologie médicale, responsable de programmes de conservation marine aux Maldives ou plongeuse professionnelle à Marseille, Carla Di Santo est titulaire d'un master en bio-ressources aquatiques complété d'un diplôme de chef de projets en aquaculture durable et halieutique de l'Université de Montpellier. Dans l'équipe OceanoScientific, Carla Di Santo est à la fois Coordinatrice Scientifique et Responsable de Plongée.

 

De son côté, l'an dernier, Linn Sekund a complété ses compétences scientifiques et environnementales par une formation professionnelle de plongée. Toutes deux travailleront en effet en tandem pour recueillir les échantillons d'organismes marins sur les récifs coralliens, puis pour en réaliser le séquençage dès leur retour à bord du catamaran LOVE THE OCEAN.

 

Cette bioprospection ciblera quatre familles distinctes d'organismes marins : anthozoaires (corail, anémones, méduses) ; ascidies (invertébrés) ; spongiaires (éponges) ; végétaux (algues). L'objectif est autant la recherche d'organismes marins inconnus ou méconnus génétiquement, que la préservation du patrimoine génétique du domaine sous-marin français, le plus étendu au Monde.

 

Les séquences génétiques qui résulteront de ces bioprospections seront précieusement stockées dans un cloud afin d'être accessibles prioritairement aux étudiants français, aux instituts scientifiques, mais également aux industriels de la Santé et du Bien-être. De cette manière, il sera possible d'exploiter économiquement et vertueusement ces fantastiques ressources naturelles françaises par biomimétisme. C'est une manière concrète de préserver la vie sur les récifs en évitant le pillage. C'est aussi l'occasion de préserver le patrimoine génétique d'organismes qui vivent sur la Planète depuis plusieurs centaines de millions d'années (cnidaires / anthozoaires) et qui sont aujourd'hui menacés de disparaitre du fait de l'augmentation de la température et de l'acidité de l'eau de mer, conséquences directes de l'activité humaine (anthropisme).

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En utilisant la technologie de l'OSC System Version 2.1 qui a fonctionné avec succès autour du monde durant l'été austral 2016-2017, Denis Diverrès et Linn Sekund conçoivent actuellement la Version 3.0, comme ici le 10 février 2022 dans l'atelier de l'antenne IRD IMAGO du Campus Ifremer de Plouzané (Brest - France). Photo OceanoScientific

Dans le laboratoire de l'École de l'ADN, Linn Sekund, à gauche et Carla Di Santo se familiarisent avec le matériel qu'elles utiliseront à bord du catamaran LOVE THE OCEAN lorsqu'elles seront sur les récifs coralliens français des îles de l'Océan Indien, au tout début de l'année 2023. Photo École de l'ADN

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