Comité Scientifique

Fabienne Gaillard

Dès sa création, le 14 novembre 2006, le Programme OceanoScientific a établi en principe fondateur l'engagement à suivre scrupuleusement les recommandations des scientifiques, notamment dans le choix des capteurs à utiliser et des procédures à respecter pour leur mise en œuvre. A la création de l'association philanthropique d'intérêt général OceanoScientific, le 7 janvier 2011 par Jean-François Leprince-Ringuet (Président-fondateur), André Ladurelli (✞) et Rupert Schmid, ce principe a été érigé en règle inaliénable.

 

Au terme de l'Expédition OceanoScientific 2016-2017 - une première à succès en matière de campagne océanographique dans le couloir 40°/60° Sud - il a été décidé de renforcer la gouvernance de l'association par un Conseil d'Administration enrichi. En raison de la nature des projets scientifiques à mettre en œuvre ces prochaines années (2018-2021), ce Conseil a décidé de doter l'association d'un comité regroupant d'éminents scientifiques traitant des différents paramètres pour lesquels les Expéditions OceanoScientific sont en mesure de recueillir des données, des échantillons et des observations de qualité.

 

Ainsi est créé le Comité Scientifique Fabienne Gaillard

Fabienne Gaillard ()

Chercheuse - physicienne - Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS - Ifremer)

"Dès le mardi 14 novembre 2006, date du démarrage effectif du Programme OceanoScientific à Paris au Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN) dirigé alors par Laurence Eymard, Fabienne Gaillard de l'Ifremer s'est engagée à mes côtés avec enthousiasme et compétence. Elle m'a guidé avec efficacité, à tel point que j'avais l'habitude de la présenter comme la "Maman du Programme OceanoScientific", tellement son engagement, sa générosité et sa bienveillance à l'égard de ce projet étaient sincères et entiers. Fabienne a longtemps dirigé le Laboratoire de Physique des Océans (LPO) auquel elle a collaboré dès son origine et "représentait au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) une personnalité de rigueur scientifique", comme en a témoigné le 30 mars 2017 Antoine Dosdat, Directeur du site de l'Ifremer à Plouzané (Brest). Or, atteinte d'une grave maladie orpheline qui la rongeait inexorablement Fabienne s'est battue plusieurs années comme un marin dans la tempête. Un ouragan, même. Qui n'en finissait plus et qui l'a emporté dans ses rafales samedi 25 mars 2017, alors que j'étais en solo à moins de 24h00 du Cap Horn, faisant fonctionner avec efficacité l'OSC System qu'elle m'avait tant aidé à concevoir. Il est donc légitime que Fabienne Gaillard prête son nom au Comité Scientifique de l'association et que je continue à l'emmener dans les prochaines Expéditions OceanoScientific..." Yvan Griboval Président de OceanoScientific

Laurence Eymard - Directrice du Comité Scientifique Fabienne Gaillard

Chercheuse au CNRS, Chevalier de la Légion d'Honneur, Laurence Eymard a mené sa carrière dans le domaine du climat et des interactions océan-atmosphère jusqu'en 2017. Elle a piloté et participé à une dizaine de campagnes de mesures en mer (1990 - 2000) et s'est parallèlement spécialisée dans l'observation spatiale de l'atmosphère et de la surface océanique. Elle a ainsi dirigé le Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN) de 2004 à 2011. A ce poste, Laurence découvre le projet OceanoScientific le 14 novembre 2006. Avec ses collègues du LOCEAN ainsi que de plusieurs autres laboratoires, dont Fabienne Gaillard (✞) de l’Ifremer, elle soutient et encourage cette démarche originale pour offrir à la recherche sur l'océan et le climat des données collectées à l'interface océan-atmosphère. Ces dernières années, les défis du changement climatique et de la transition écologique ont conduit Laurence à s'engager dans des projets associant scientifiques et citoyens, dans le cadre de l'Institut de la Transition Environnementale de Sorbonne Universités. Elle a poursuivi en particulier un projet d'observatoire participatif de l'environnement urbain.

Denis Allemand - Biologie marine

Directeur Scientifique du Centre Scientifique de Monaco (CSM) et professeur des Universités, Denis Allemand a obtenu son doctorat en 1986 à l'Université de Montpellier II (France) en Sciences pharmacologiques et endocrinologie. Son principal domaine de recherche concerne la physiologie des organismes marins, principalement des coraux, et leur utilisation en tant qu’organismes modèles pour comprendre les grands problèmes de la biologie (biominéralisation, symbiose, évolution…). Il étudie également l'effet de l'acidification des océans sur les organismes marins. Il est co-auteur d’environ 150 articles scientifiques et de très nombreux chapitres d’ouvrages et articles de vulgarisation. Il a supervisé douze étudiants en doctorat. Il est membre de différents conseils scientifiques (Fondation Prince Albert II, École Pratique des Hautes Études, Ifremer) et Conseil d'administration (Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer, INDEMER). Il est membre de l’Academia Europaea. Il est Chevalier de l'Ordre de Saint-Charles, Chevalier de l'Ordre de Grimaldi, Chevalier de l’ordre français du Mérite Maritime et Officier des Palmes Académiques.

Pierre Blouch - Atmosphère

Retraité de Météo-France, Pierre Blouch a travaillé 35 ans en tant qu’ingénieur, au Centre de Météorologie Marine à Brest. Ses activités principales ont consisté, dès les années 80, à concevoir, entretenir et exploiter des bouées météorologiques ancrées et dérivantes, pour les besoins de la recherche et de la météorologie opérationnelle. Dans le cadre du Data Buoy Cooperation Panel de la Commission Mixte OMM-COI pour l’Océanographie et la Météorologie Marine (JCOMM), il a contribué à améliorer l’acquisition des données en temps réel, leur transmission sur le réseau de l’OMM, le contrôle de leur qualité, et leur traitement en temps différé. En 2003, il s’est vu confier la responsabilité du service opérationnel d’observation à la surface de la mer du groupement des services météorologiques européens : EUMETNET. À cette occasion, ses compétences se sont élargies aux stations automatiques de navires et ont contribué à la réalisation d’une station automatique européenne : EUCAWS. Très tôt, Pierre Blouch a accompagné et a conseillé le Programme OceanoScientific dans ses choix en matière de mesures météorologiques et de transmission des données horaires en temps réel, à terre.

Thomas Changeux - Sargasses

Ingénieur agronome diplômé en halieutique, Thomas Changeux est à l’origine spécialiste des grands fleuves et des estuaires. Après une thèse sur le bassin du Rhône, il contribue pendant onze ans aux programmes nationaux de gestion et de protection des milieux aquatiques du Conseil Supérieur de la Pêche (Agence Française pour la Biodiversité). A ce poste, il développe des approches participatives du suivi des ressources halieutiques associant pêcheurs et gestionnaires. En 2006, il rejoint l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) où il élargit son champ d’action aux milieux marins tropicaux et à la flotte océanographique française. Il promeut la mise en place de grands observatoires autour des outremer français et contribue au programme sur les îles éparses (SO Océan Indien). En 2016, il rejoint l'Institut Méditerranéen d'Océanologie (MIO) à Marseille où il anime le Pôle "Aide à la Gestion Intégrée du milieu marin par la Recherche". Il a récemment pris part aux campagnes françaises consacrées aux algues sargasses dans l’Atlantique. Thomas est convaincu que le futur de l’océanographie passe par la diversification des moyens d’accès à la mer.

Loriane Mendez - Oiseaux marins

Fascinée par le monde marin depuis l’enfance, Loriane Mendez est spécialisée dans l’étude des prédateurs supérieurs. Dans le contexte actuel de changement climatique global, ses motivations visent à mieux comprendre les causes et les conséquences des fluctuations environnementales sur les populations d’oiseaux et de mammifères marins. Après une licence en Biologie (Nice) et un master en Océanographie (Marseille), elle effectue sa thèse de doctorat sur la distribution et le comportement de recherche alimentaire d’oiseaux marins tropicaux (CEBC-CNRS). Son parcours scientifique lui permet d’acquérir de nombreuses compétences (analyses spatiales, génétique des populations) appliquées à différents modèles d’étude (dauphins, baleines, manchots et oiseaux marins tropicaux). Elle travaille actuellement pour la Commission Internationale pour l’Exploration Scientifique de la Méditerranée (CIESM), afin d’aider au développement d’un programme méditerranéen sur les oiseaux marins. Loriane a participé à l’identification des oiseaux marins observés durant l'Expédition OceanoScientific.

Nicolas Metzl - pCO2

Chercheur au CNRS, Nicolas Metzl étudie le cycle du carbone océanique et son couplage avec le climat. Après une thèse en océanographie menée à l’Université Pierre et Marie Curie et l’Université de New-Hampshire (USA), il a commencé à étudier les échanges de CO2 à l’interface air-mer et l’accumulation de CO2 anthropique dans l’océan durant les années 90 dans le cadre des programmes internationaux WOCE/JGOFS.  En 1998, il a initié le projet à long-terme OISO (Océan Indien Service d’Observations) dont les campagnes, conduites chaque année à bord du N/O Marion-Dufresne (IPEV-TAAF) dans l’océan Indien Sud et secteur Austral, complètent le réseau international. En qualité de Chairman du groupe SOLAS-IMBER-Carbon, il a initié en 2007 le projet international SOCAT (Surface Ocean Carbon Atlas, www.socat.info) dédié aux observations de CO2 océanique utilisées, en particulier, pour évaluer chaque année le bilan de carbone planétaire (Global Carbon Project). Depuis la première réunion du Programme OceanoScientific au LOCEAN en 2006, Nicolas suit le projet et participe à l’évaluation de la qualité des données recueillies durant les circumnavigations.

Rosemary Morrow - Paramètres physiques en zone Antarctique

Océanographe franco-australienne, Rosemary Morrow travaille au Laboratoire des Études Géophysiques et Océanographiques Spatiales (LEGOS) à Toulouse depuis 1992. Elle est spécialisée dans la dynamique océanique à méso-échelle, utilisant principalement les observations satellitaires et in-situ. Membre du CNAP (Conseil National des Astronomes et Physiciens), elle travaille également au maintien d'observations précises et à long terme pour les études climatiques, pour le service d’observation nationale de données altimétriques satellitaires : le CTOH et d'un service de suivi in ​​situ de l'océan Austral : SURVOSTRAL, à bord du navire de ravitaillement antarctique français : L'Astrolabe. Rosemary enseigne également l'océanographie et l'océanographie satellitaire à l'Université de Toulouse III. Depuis 2009, Rosemary a été nommée "Project Scientist" pour les missions d'altimétrie du CNES, notamment pour les missions Jason (2009-2012) et pour la future mission altimétrique-interférométrique : SWOT.

Gilles Reverdin - Tous paramètres 

Chercheur-océanographe au CNRS depuis 1981, Gilles Reverdin est adjunct-scientist du LDEO de Columbia University (New York) depuis 1995. Après une thèse d’université consacrée aux échanges air-mer et à la mousson sur l’océan Indien, il s'est consacré à l’observation de l’océan, pour en comprendre sa variabilité dynamique et géochimique, ainsi que le rôle qu’il joue dans la variabilité climatique. A ce titre, il s'est particulièrement penché sur l’océan de surface, ses courants, sa géochimie, ses échanges avec l’atmosphère en essayant de maintenir des observations dans la durée en vue de servir de référence pour les générations futures. Au cours des quinze dernières années, il s'est impliqué dans la construction de Coriolis, projet Français inter-organismes et à vocation Européenne destiné à organiser et à coordonner l’observation des océans en France et au niveau Européen, tant à des fins "opérationnelles" qu’à des fins de recherche. Il s'intéresse aussi aux instrumentations nouvelles et à l’appropriation de l’observation par la société civile. Il suit et conseille le Programme OceanoScientific depuis son origine en 2006.

Thierry Reynaud - Température / Salinité

Après un PhD à Montréal (Canada) consacré à l’étude des masses d’eau et courants en Mer du Labrador, le franco-canadien Thierry Reynaud atterrit à Brest pour un premier stage postdoctoral au Laboratoire d’Océanographie Physique (LPO - Ifremer). Sa carrière a été initialement consacrée à la compilation des mesures de température et salinité dans l’Atlantique et à la réalisation de climatologies. Depuis 1998, il est ingénieur à l’Ifremer au sein du LPO devenu LOPS récemment. D’abord recruté pour travailler sur les mesures directes de courants profonds, il s’implique actuellement sur des projets de modélisation atmosphérique avec un intérêt pour l’interface air-mer. A la demande de Fabienne Gaillard (✞), Thierry consacre depuis 2014 une partie de son activité aux mesures de surface, salinité et température, sur les navires d’opportunité écologiquement peu intrusifs. Il assume un rôle technique dans la mise en place de capteurs, le traitement des données et la diffusion des résultats, rôle qui s’est révélé être une agréable façon de lier travail et une passion non modérée pour la voile. Au cours de la première Expédition OceanoScientific, Thierry a été un des liens permanents à terre pour le contrôle au quotidien de l’ensemble des données océanographiques.

Richard Sempéré - Contaminants / Micro-plastiques

Directeur de recherche au CNRS, Richard Sempéré est Océanographe Géochimiste spécialiste du cycle des éléments organiques dans l’Océan et l’atmosphère. Il a participé à plusieurs campagnes océanographiques en Méditerranée ainsi que dans les océans Atlantiques et Austral. Ses travaux ont porté sur la dégradation bactérienne et photochimique des composés organiques. Il travaille désormais sur la distribution des contaminants organiques et des micro plastiques dans l’Océan.  Après des travaux de recherches à Tokyo et son intégration au CNRS en 1994, il a dirigé dès 2004 le Laboratoire de Microbiologie et Géochimie marines (LMGEM) et depuis 2012 l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) qui est une unité de recherche regroupant 240 scientifiques du CNRS de l’IRD et des Universités d’Aix-Marseille et de Toulon. Il a codirigé le programme d’Océanographie MERMEX d'étude de l’impact du changement global sur les écosystèmes marins en Mer pour la Méditerranée. Ayant essentiellement travaillé à partir d’échantillons naturels du milieu marin, il reste persuadé que le Programme OceanoScientific offre de nouvelles perspectives d’observations de l’Océan.

Julia Uitz - Plancton

Chercheuse au CNRS, Julia Uitz a obtenu un doctorat en océanographie biogéochimique en 2006. Après 5 années au Scripps Institution of Oceanography (Etats-Unis) comme chercheuse postdoctorale, elle a intégré le Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-Mer en 2012. Ses recherches portent sur les communautés phytoplanctoniques et leur influence sur la pompe biologique à carbone dans l’océan global et dans certaines régions, notamment l’Océan Austral. Dans ce contexte, elle cherche à développer de nouvelles approches couplant des observations optiques et biogéochimiques acquises par échantillonnage classique à bord des navires et issues de plateformes autonomes in situ (flotteurs BGC-Argo) et satellites (couleur de l’océan). Julia a participé à plusieurs campagnes de terrain, dont KEOPS (2005) et SOCLIM (2016) dans la région australe des Kerguelen. En 2017, elle a rejoint le groupe de travail international du SCOR "P-OBS", dont l’objectif est de stimuler l’intégration de systèmes d’observation du plancton au sein des grands programmes d’échantillonnage de l’océan. Julia s’investit aussi dans les projets d’outreach dédiés aux scolaires "mon océan & moi" et "adopt a float". 

Didier Zoccola - Biologie Marine

Biologiste moléculaire, Didier Zoccola étudie la physiologie des coraux récifaux. Depuis 2000, il est chercheur senior au Centre Scientifique de Monaco (CSM) avec un focus sur la biominéralisation et la symbiose. Depuis plus de quinze ans, il a combiné la biologie moléculaire, la biochimie et l'immunochimie pour comprendre comment les coraux construisent leurs squelettes. L'acidification des océans (AO) réduit les taux de calcification des coraux récifaux et, naturellement, Didier Zoccola a commencé à mener des études mécanistiques sur l'AO et la biominéralisation. Il a obtenu son doctorat en 1993 en Sciences de la Vie (spécialité immunologie) à l'Université de Nice - Sophia Antipolis, et a ensuite travaillé à l'Hôpital de Nice. La passion pour la mer et la plongée sous-marine du Docteur Zoccola l'ont naturellement conduit à la biologie marine. Il a participé à plusieurs expéditions : Tara Ocean (2010), Tara Pacific (2017-2018). Pour le lancement de la nouvelle expédition de la Principauté de Monaco : Les Explorations de Monaco, il était en charge de la mise en œuvre des équipements embarqués tels que les différents laboratoires et instruments, tout en assumant le rôle de coordinateur du projet scientifique du CSM pour Les Explorations de Monaco. C'est un des coordinateurs de Tara Pacific.