Préparation de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013 sur LE BOREAL
A la mi-octobre, alors que les rafales de la tempête tropicale “Rafaël” noyaient la Martinique sous un déluge de pluie, Christophe Chaumont (SailingOne) et Stefan Marx (SubCtech) arpentaient les cales et ponts du BOREAL (Compagnie du Ponant) dans le cadre d’un repérage technique, trois mois avant que ne débute la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013. C’est en effet à bord de ce fleuron de la compagnie de navigation qui a bâti sa renommée dès 1988 sur l’exploitation d’un grand yacht de croisière (LE PONANT - Trois mâts - 88 X 12 mètres - 32 cabines), que sera installée la Version 3.0 de l’OceanoScientific® System. Ce nouveau prototype de l’OSC System, capable de collecter automatiquement toutes les six secondes les données de douze paramètres scientifiques à l’interface océan - atmosphère, sera mis en œuvre à l’occasion des navigations du BOREAL entre Ushuaïa et l’Antarctique, en janvier et février 2013. Cette nouvelle campagne, après celle de La Louise en Arctique l’été dernier avec le concours de l’Association ROSS et de la Fondation Veolia Environnement (lire ci-dessous), sera menée dans le cadre des travaux du consortium composé des industriels SailingOne (chef de file) et SubCtech (Allemagne) ; des instituts de recherche scientifique IFREMER et Météo-France.
Olivier Marien, second capitaine du BOREAL (Compagnie du Ponant) et ancien capitaine de la goélette TARA, est l’interlocuteur du Programme OceanoScientific® à bord du BOREAL. Il a guidé Christophe Chaumont (SailingOne) lors du repérage technique en vue de l’installation de la Version 3.0 de l’OceanoScientific® System à bord du paquebot. Photo SailingOne
Toujours en phase de démonstration de service après sa labellisation par le Pôle Mer Bretagne, en février 2012, l’OceanoScientific® System va entamer une nouvelle étape de son développement avec les tests qui seront réalisés in situ en Antarctique à bord du BOREAL. Ce matériel deviendra définitivement “Plug&Play” sur tous types de navires de quinze mètres et au-delà, dans les vingt prochains mois, comme imaginé à l’origine, en 2006. Au terme des développements en cours, ce matériel pourra ainsi être installé rapidement et efficacement à bord de tous types de navires : voiliers océaniques de course, de plaisance ou d’expédition ; cargos et paquebots ; pétroliers et méthaniers ; flottes de navires de pêche hauturière et, en général, tous types de navires de travail qui naviguent sur des routes maritimes peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère.
La Version 3.0 de l’OceanoScientific® System qui sera embarquée sur le BOREAL marquera une étape importante dans le développement de ce procédé innovant. Outre quelques modifications techniques au niveau du système de pompage d’eau de mer, cette V3.0 sera surtout équipée du logiciel spécialement développé en collaboration avec IBM : l’OceanoScientific®-Software (OSC-Software). Il s’agit d’une méthode de gestion innovante des informations, spécialement mise au point en collaboration avec les chercheurs IFREMER, INSU/CNRS, IRD et Météo-France.
La collaboration entre le consortium SailingOne - SubCtech - IFREMER - Météo-France et la Compagnie du Ponant est née du fait que cet armement s’est spécialisé dans les navigations-découverte de l’Arctique et de l’Antarctique dans le plus grand respect de l’environnement. Ce partenariat s’est établi également parce que cette compagnie de navigation a mis l’accent dès son origine sur le principe d’une exploitation écologique de ses navires. LE BOREAL a d’ailleurs été construit selon les normes “Clean Ship” (norme délivrée par le Bureau Veritas) et il a été élu meilleur nouveau navire de l’année 2010 par l’European Cruiser Association.
Ces deux prochains mois, les quatre membres du consortium vont travailler à la mise au point de ce nouveau prototype de l’OSC System, en bénéficiant des enseignements de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 menée à bord de la goélette d’expédition La Louise (20 mètres) de Thierry Dubois. Les données scientifiques collectées durant cette campagne par 70° Nord, sont en cours d’exploitation par les chercheurs concernés. Elles devraient être disponibles pour alimenter une publication scientifique dans quelques mois.
LE BOREAL (142 X 18 mètres - 132 cabines) pointera son étrave vers les glaces de l’Antarctique l’hiver prochain. Ce paquebot aux normes écologiques y effectuera plusieurs navigations, désormais avec une vocation d’intérêt général au profit de la communauté scientifique internationale, grâce à l’OceanoScientific® System embarqué. Photo Philip Plisson - Compagnie du Ponant
Retour à la maison
La goélette d’expédition La Louise, menée par Thierry Dubois, est arrivée à bon port le 17 septembre (soit un jour après la date du 76e anniversaire de la disparition de Jean-Baptiste Charcot et du Pourquoi pas ?) à Etel dans le Morbihan. Soit sept mois de campagne, puisqu’elle avait quitté la France le 19 février. La Louise a donc navigué avec l’OceanoScientific® System à son bord dans toutes sortes de conditions. Cette Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012, menée par le consortium composé de SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, s’est donc accomplie avec succès, même s’il reste encore beaucoup de travail pour mettre ce matériel parfaitement au point. Le point d’orgue de cette campagne à été le périple en Baie de Baffin sur un trajet d’environ 1 000 milles nautiques, dans des zones peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère, notamment avec une incursion au–delà de 70° Nord.
La Louise a pris ses quartiers d’hiver (mi-septembre / mi-février) dans le petit port breton d’Etel (près de Lorient), avant de repartir pour une nouvelle campagne arctique de sept mois l’an prochain.
Photo SailingOne
“Le problème majeur que nous avons rencontré”, explique Thierry Dubois, “est la forte concentration de sédiments en suspension dans l’eau de mer, notamment dans les fjords. C’est un véritable poison, car ces sédiments réussissent à s’infiltrer en grande quantité dans le circuit d’eau au point de boucher celui-ci. Il va donc falloir travailler particulièrement sur ce point pour que l’OceanoScientific® System puisse être opérationnel dans ces zones côtières où nous naviguons la plupart du temps. Au départ d’Etel nous étions équipés d’une pompe sophistiquée qui s’est fatiguée assez vite. Le remplacement par une pompe plus simple a résolu les problèmes rencontrés en début de Mission”.
Deux jours après son arrivée à Etel, Thierry Dubois a remis aux scientifiques : à la fois la carte mémoire de cette Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 comprenant toutes les données de la douzaine de paramètres concernés, mais également les échantillons d’eau de mer prélevés sur le trajet le plus nord. Les analyses de ces échantillons seront comparées à celles des données collectées par l’OSC System, afin de tirer des enseignements quant au fonctionnement de ce matériel innovant. L’IFREMER et Météo-France coordonneront ces travaux, avec le concours de quelques instituts et scientifiques partenaires du Programme OceanoScientific®.
La semaine prochaine, Christophe Chaumont (SailingOne), en charge de l’installation des OSC System, démontra le matériel installé sur La Louise avec le concours de Thierry Dubois. Les remarques techniques du skipper et ses propositions d’amélioration sont d’un grand intérêt pour l’évolution du système de collecte de données. Chaque partie de l’OSC System retournera chez son fabricant respectif pour être minutieusement analysé. Ensuite, Martin Kramp (SailingOne) et Stefan Marx (SubCtech) collecteront toutes les informations, techniques et scientifiques, pour effectuer les améliorations nécessaires à la mise au point du prototype Version 3.0.
Lorsque la Version 3.0 de l’OceanoScientific® System sera achevée, elle sera embarquée sur un navire en partance pour l’Antarctique. Ce sera la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013. Elle sera réalisée à bord d’un paquebot de la Compagnie du Ponant (BOREAL), en janvier prochain. Il restera alors un peu moins de douze mois d’étude, de recherche et de développement, pour que l’OSC System soit définitivement au point dans sa configuration “Douze-Quinze paramètres”.
La Louise a réalisé une route quasiment rectiligne du sud du Groenland à Etel en Bretagne, en avançant de quelques jours son retour pour éviter le mauvais temps promis par une queue de cyclone qui se dirigeait vers l’extrême nord des côtes européennes. Carte SailWX
Retour de la Mission Arctique 2012
La goélette d’expédition La Louise, menée par Thierry Dubois, est de retour. Elle fait cap sur Etel en Bretagne, près de Lorient. Son arrivée est prévue au plus tard en début de semaine prochaine. Partie du petit port breton le 19 février, La Louise aura donc navigué avec l’OceanoScientific® System à son bord pendant tout juste sept mois. Cette Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012, menée par le consortium composé de SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, s’est donc accomplie avec succès. Le point d’orgue de cette campagne à été le périple en Baie de Baffin sur un trajet d’environ 1 000 milles nautiques, dans des zones peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère, notamment avec une incursion au–delà de 70° Nord.
La goélette d’expédition La Louise rentre à la maison, cap sur la Bretagne, qu’elle atteindra vers le 17 septembre, soit après sept mois d’une navigation qui a permis de tester la version 2.0 de l’OceanoScientific® System dans des conditions réelles d’utilisation dans des contrées maritimes hostiles. Carte SailWX
Pendant que Thierry Dubois et son équipage font route vers leur base française, les premiers résultats des collectes de l’OSC System sont analysées par les chercheurs qui ont recueilli les données de la douzaine de paramètres enregistrés par ce matériel en cours de développement. Dès que les analyses seront terminées et que les résultats seront obtenus, la version 3.0 de l’OceanoScientific® System sera achevée, pour être embarquée sur un navire en partance pour l’Antarctique. Ce sera alors la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013, réalisée à bord d’un paquebot de la Compagnie du Ponant (BOREAL), en janvier prochain.
La carte de tous les relevés météo effectués dans le monde entier par des navires scientifiques et par des “navires d’opportunité” - souvent des cargos - durant le mois d’août 2012 a été éditée par Météo-France. Elle met en évidence la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 réalisée grâce aux navigations extrêmes de La Louise, dans des zones peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère. Carte Météo-France
Mission Arctique 2012 accomplie
Après son périple en Baie de Baffin sur un trajet d’environ 1 000 milles nautiques dans des zones peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère, notamment avec une incursion au–delà de 70° Nord, puis une navigation dans les fjords de l’Ile de Baffin, à l’extrême Est du Canada, la goélette d’expédition La Louise, menée par Thierry Dubois, vient de rejoindre Sisimiut (Groenland) au terme d’une quinzaine de jours de mer. La Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 menée par le consortium composé de SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS s’est donc accomplie avec succès. Toutes les données océanographiques et atmosphériques programmées pour être collectées automatiquement par l’OceanoScientific® System embarqué sur La Louise ont effectivement été collectées. Pour la plupart, elles ont été transmises aux centres de recherche impliqués dans le Programme OceanoScientific®. Immédiatement validées - ou rejetées - elles ont aussitôt été mises à disposition de la communauté scientifique internationale via le Global Telecommunication System (GTS), vaste moyen de communication entre les chercheurs du monde entier. Cette campagne de test du prototype (Version 2.0) de l’OceanoScientific® System a mis en évidence son utilité pour la communauté scientifique internationale. De grands progrès ont été réalisés dans la mise au point de ce matériel unique en son genre depuis sa création, en 2007. Mais il est nécessaire de l’optimiser encore à l’occasion de prochaines Campagnes OceanoScientific® pour qu’il puisse être industrialisé, c’est-à-dire dupliqué sur toutes sortes de navires de 15 mètres et au-delà qui naviguent dans des contrées extrêmes.
La première partie de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 a consisté en une traversée Est - Ouest de la Baie de Baffin, du Groenland jusqu’aux ports inuits du Canada, au-delà de 70° Nord. Carte SailWX
La deuxième partie de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 a consisté en une descente Nord - Sud le long des fjords canadiens à l’Est de l’Ile de Baffin. Carte SailWX
La troisième partie de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 a consisté en un retour Est - Ouest de l’Ile de Baffin (Canada) au Groenland. Carte SailWX
De l’avis des chercheurs impliqués dans le Programme OceanoScientific®, cette MISSION ARCTIQUE 2012 a d’ores et déjà obtenu un premier succès. En effet, recueillir automatiquement des données scientifiques à l’interface océan - atmosphère sur la base d’une douzaine de paramètres, grâce à un matériel embarqué sur un voilier de 20 mètres, était un réel défi. Il a donc été relevé efficacement. D’ores et déjà, la majorité de ces données a été exploitée par les centres de traitement internationaux, notamment en ce qui concerne les informations atmosphériques collectées et transmises automatiquement aux scientifiques quasiment en temps réel par satellite.
La seconde phase de cette Campagne OceanoScientific® va être plus longue et plus complexe. Toutes les informations scientifiques qui peuvent être comparées aux données collectées par le prototype (Version 2.0) de l’OceanoScientific® System embarqué sur La Louise vont être centralisées. Il s’agit, par exemple, des modèles établis par les scientifiques dans cette zone géographique ; des observations réalisées à la même période par d’autres moyens techniques, comme les stations scientifiques Groenlandaises, canadiennes ou par le Nuka Arctica (voir photo et légende ci-dessous) ; des calculs établis à la même période par les satellites de l’ESA et de la NASA. En complément de grand intérêt, les échantillons prélevés quotidiennement par Thierry Dubois seront analysés en laboratoire. Les résultats obtenus seront donc eux aussi comparés aux données de l’OceanoScientific® System.
Une fois toutes ces données d’origines diverses réunies, le travail des chercheurs aura deux objectifs. Le premier consistera à valider, ou non et totalement ou partiellement, les données collectées automatiquement par l’OceanoScientific® System à bord de La Louise. Le second consistera à intégrer, ou non, ces résultats dans les bases de données internationales ouvertes aux chercheurs du monde entier. A ce stade, il sera possible de tirer les premières conclusions scientifiques de cette Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012. Une publication internationale devrait suivre au printemps prochain sous la signature des scientifiques qui étudient les causes et les conséquences du changement climatique.
La seconde partie des travaux du consortium réuni autour de SailingOne portera sur l’étude de certains dysfonctionnements, ou pour le moins d’anomalies, du prototype actuel de l’OceanoScientific® System, pour préparer la Version 3.0. Celle-ci sera mise en œuvre l’hiver prochain, sur un tout autre type de navire que La Louise, dans le cadre de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013.
Auparavant, La Louise est attendue vers le 18 septembre à Etel (Morbihan), son port d’attache breton. La descente du Groenland vers la France se fera à partir du 2 septembre. L’OceanoScientific® System continuera de fonctionner jusqu’à Etel. Cela permettra une nouvelle collecte de données scientifiques à l’interface océan - atmosphère. Certes, elle sera moins intéressante que celle réalisée en ce mois d’août dans le Grand Nord, mais toute aussi importante pour faire progresser le matériel embarqué et pour permettre aux chercheurs de valider certains relevés sur ce parcours.
Le Nuka Arctica navigue sur une ligne régulière entre Aalborg (Danemark) et Nuuk (Groenland). Il est équipé de capteurs qui collectent des données de salinité et de température d’eau de mer. Ses relevés seront comparés à ceux de La Louise, qui a navigué en partie (juin, juillet, août, septembre) sur la route régulière du Nuka Arctica entre le sud du Groenland et sa capitale (Nuuk), mais également bien au-delà en latitude nord. Photo Bent Rasmussen - MarineTraffic.com
Vingt jours de découverte au-dessus de 70° Nord
La Louise, la goélette d’expédition arctique de Thierry Dubois, a quitté Ilulissat (Groenland) mardi 31 juillet en milieu d’après-midi, pour une navigation de 1 000 milles nautiques en Baie de Baffin, au-dessus de 70° Nord, cap sur le village inuit de Clyde River sur l’Ile de Baffin (Canada). Elle grimpera encore un peu plus au nord, puis remettra cap au Sud-Est. La Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 menée par le consortium composé de SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, entre donc dans sa phase la plus intéressante. En effet, l’évolution du prototype (Version 2.0) de l’OceanoScientific® System mise au point pendant plusieurs mois conformément aux remarques des chercheurs, va donc fonctionner, grâce à La Louise, dans des contrées peu ou pas explorées scientifiquement à l’interface océan - atmosphère. Cette Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 sera enrichie par des relevés quotidiens d’eau de mer pour IFREMER, réalisés par Thierry Dubois et par son équipage de dix personnes. Cet aller-retour dans le Grand Nord doit durer une vingtaine de jours, avec un retour de La Louise à Sisimiut (Groenland) durant la seconde moitié du mois d’août.
Profitant de l’été arctique, La Louise va s’aventurer dans les glaces au nord du 70° Nord. Le prototype de l’OceanoScientific® System va collecter automatiquement toutes les six secondes les données d’une dizaine de paramètres atmosphériques et océanographiques, dont l’essentiel sera transmis automatiquement, quasiment en temps réel, à Météo-France et à l’IFREMER, puis validé et transféré à la communauté scientifique internationale. Photo Hervé Hillard - Voiles et Voiliers.
Derniers préparatifs
La Louise, la goélette d’expédition arctique menée par Thierry Dubois, est arrivée à Aasiaat (Groenland) où l’équipage procède aux derniers préparatifs avant la grande expédition en Baie de Baffin, au-dessus de 70° Nord. Dans le cadre de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 menée par le consortium : SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, une évolution de la Version 2.0 de l’OceanoScientific® System a été mise au point, conformément aux remarques des chercheurs. Les premiers tests à bord ont été réalisés. Tout fonctionne parfaitement. Dès la semaine prochaine, La Louise va ouvrir une nouvelle “Route OceanoScientific®” dans ces contrées extrêmes peu ou pas explorées scientifiquement.
Avant de mettre le cap sur la Baie de Baffin, La Louise vient de sillonner le Détroit de Davis entre le Groenland et l’Ile de Baffin (Canada), puis fait escale à Aasiaat (Groenland) pour préparer le grand départ cap au Nord / Nord-Ouest, en Baie de Baffin - Carte SailWX
La Version 2.0 de l’OceanoScientific® System embarqué sur La Louise, dans sa configuration de collecte en Baie de Baffin, comprend des paramètres atmosphériques : Direction et force du vent ; pression atmosphérique ; humidité et température de l’air. Les données sont collectées grâce à plusieurs capteurs installés dans les mâts de la goélette. Les paramètres océanographiques sont : Température, salinité et acidité (pH) de l’eau de mer en surface, ainsi que teneur en carbone (pCO2). Ces capteurs sont placés dans l’OSC Core, l’élément central de l’OceanoScientific® System, positionné à fond de cale, sous la table à cartes de La Louise.
Les données sont collectées toutes les six secondes. Puis le logiciel effectue une transmission par satellite toutes les heures, pour une distribution quasiment en temps réel à destination de l’IFREMER (données océanographiques) et de Météo-France (données atmosphériques). Ces données sont immédiatement validées - ou rejetées - puis mises à disposition de la communauté scientifique internationale via le Global Telecommunication System (GTS), vaste moyen de communication entre les chercheurs du monde entier.
Selon le programme fixé par Thierry Dubois, patron de La Louise, le départ d’Aasiaat vers la Baie de Baffin est programmé pour les tous derniers jours du mois de juillet, soit en début de semaine prochaine.
Voyage au Pays du Silence
Hervé Hillard, rédacteur en chef adjoint de Voiles et Voiliers, est amateur de navigations extrêmes à bord de voiliers, d’un hémisphère à l’autre. Après quatre navigations en Terre de Feu, des balades en Islande et avant de mettre le cap sur l’Alaska un prochain été, il vient de naviguer en Baie de Disko (Groenland) à bord de la goélette La Louise, aux côtés de Thierry Dubois, celle-là même qui a embarqué l’OceanoScientific® System et qui partira à la fin du mois en Baie de Baffin dans le cadre de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012. Hervé Hillard nous rapporte ici quelques impressions de ce Grand Nord sauvage.
“Au Pays du Silence, les icebergs qui se retournent et les blocs de glace qui s’effondrent dans la mer produisent de véritables détonations, des explosions où se mêlent coups de tonnerre et déflagrations de fusil. Impressionnant !” Photo Hervé Hillard - Voiles et Voiliers
“Naviguer le long des vertes côtes groenlandaises, dans un environnement extraordinaire fait d’icebergs et de glaces de toutes tailles, est un défi permanent. Cette île, le Groenland (Greenland), est la plus grande île au monde. Elle est réputée regorger de métaux rares et de pétrole - on évoque environ 10% des réserves mondiales à venir… Or, on a le sentiment que les populations locales (Inuits) accordent plus d’importance à la préservation de leur environnement et de leur mode de vie ancestral qu’aux attraits économiques d’une industrialisation massive de leurs espaces maritimes et terrestres. C’est rassurant. Preuve en est des règles de pêche et de chasse appliquées et farouchement respectées. La baleine se pêche avec de petits canotes de neuf à dix mètres avec le harpon à l’étrave. On est loin des navires-usines japonais. De même, la chasse se pratique exclusivement en traineaux tractés par des chiens. Interdiction formelle d’utiliser pour cela les motoneiges. De toute façon, à terre, selon la saison, cet espace inhospitalier n’est accessible que par bateau, traineau, hélico et, parfois, avion. Cela semble incompatible avec les besoins industriels d’exploitation intensive des sols et des fonds marins. Mais il faut néanmoins demeurer attentif à l’évolution qui pourrait survenir dans cette attitude respectable.
Naviguer dans ces zones peu explorées par toutes autres personnes que des Inuits est à la fois étrange, splendide… et compliqué.
L’absence de nuit renforce l’atmosphère exceptionnelle qui se dégage de ces espaces. On y perd d’ailleurs très vite la notion du temps. L’heure, le jour, la date, deviennent des données abstraites. C’est aussi le pays du silence, car à part quelques pétrels majestueux, il y a peu d’oiseaux. Ce n’est pas qu’il y ait peu de poisson, bien au contraire. C’est en effet une zone excessivement poissonneuse. Mais morues et autres flétans se situent à trente mètres de profondeur et beaucoup plus, hors de portée des volatiles. En dehors des quelques oiseaux, les autres animaux rencontrés sont des baleines, parmi lesquelles on navigue fréquemment. Dans ce silence, surtout lorsque le plan d’eau est assez dégagé pour profiter du petit vent anticyclonique régnant à cette époque de l’année et qu’on navigue à la voile - c’est fantastique ! - les retournements d’icebergs et les effondrements de pans de glace résonnent comme des coups de tonnerre, des claquements de fusil. C’est vraiment impressionnant !
La navigation se pratique évidemment à vue, parfois avec un homme de quart dans la mâture, pour essayer de trouver la meilleure voie dans les glaces, comme le faisaient les explorateurs des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Le jeu n’a pas changé : il faut trouver les lignes droites les plus longues, puis naviguer en dents de scie pour progresser. Parfois, la marche arrière est nécessaire, car on s’engage facilement dans une impasse. L’autre phénomène qui complique la navigation est la présence de nombreux et forts courants de surface qui font parfois dériver les glaces dans des sens différents. Sans oublier l’influence d’une brise de force 2 à 3 sur les immenses surfaces des icebergs, offertes au vent comme des voiles.
Lorsqu’on découvre ce type de navigation, on est surpris de voir comment il faut pousser de l’étrave des icebergs qui pèsent quasiment le poids du bateau (La Louise a un déplacement de 40 tonnes), ou monter sur le tapis de glace pour l’ouvrir. Thierry (Dubois) connaît parfaitement son bateau et il perçoit quel bloc pousser, sur quelle plaque hisser l’étrave prévue à cet effet, ou lorsqu’il faut simplement rebrousser chemin. S’il y a bien un endroit au monde ou composer avec les éléments prend tout son sens, c’est dans ces zones inhospitalières où le moindre bloc de glace n’est fait que d’arêtes saillantes. Les dangers sont nombreux, mais la fascination de l’équipage pour ces paysages uniques l’emporte. Les quarts sont un émerveillement permanent.
La température y est relativement clémente à cette époque de l’année, en plein été. On vit dans une atmosphère comprise entre zéro et vingt degrés, souvent avec du soleil, parfois brutalement masqué par un nuage de brume très froide. Le vent qui court sur les icebergs propage une humidité glacée. Lorsque j’étais à bord de La Louise en Baie de Disko (70° Nord), l’eau de mer n’est jamais descendue au-dessous de moins 0,5 degré.
Les rencontres sont rares. Une goélette d’expédition une fois. Quelques petits chalutiers aussi, comme ceux qui font la pêche côtière en Bretagne, souvent usés par les campagnes. Des baleiniers de neuf à dix mètres et, parfois, des flottilles de petites coques ouvertes avec hors-bords, menées par des Inuits solitaires qui mouillent des lignes. Il faut préciser qu’en ces mers, un hameçon à l’eau, c’est un poisson pêché. Etonnant.
En conclusion, j’ai le sentiment que plus je passe d’heures sous ces latitudes extrêmes, plus je suis attiré par ces espaces exceptionnels. C’est une chance de pouvoir naviguer avec un bateau à voile dans ces contrées hostiles, où la nature est tellement forte”.
Propos recueillis par Yvan Griboval (SailingOne) le 18 juillet 2012.
Version 2.0 de l’OceanoScientific® System optimisée
Le départ en Baie de Baffin de La Louise, la goélette d’expédition arctique menée par Thierry Dubois, est fixé au début du mois d’août. Dans le cadre de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 menée par le consortium : SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, Martin Kramp (SailingOne) a coordonné les tests en laboratoire de l’évolution de la Version 2.0 de l’OceanoScientific® System chez SubCtech, près de Kiel (Allemagne), en collaboration avec Saskia Heckmann, ingénieur responsable de l‘OceanoScientific® System chez SubCtech et conformément aux remarques des chercheurs. Ces tests se prolongeront jusqu’au 17 juillet. Ensuite, les nouveaux éléments du système seront acheminés à Aasiaat au Groenland, où Thierry Dubois en prendra possession pour les installer à bord de La Louise, avant le grand départ cap au Nord. Photo SubCtech
Réunion générale n° 7 à l’IFREMER - IRD Brest
La septième réunion générale (R7) du Programme OceanoScientific® s’est tenue lundi 25 juin à Brest dans les locaux mixtes de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER) et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). A l’ordre du jour : le premier bilan de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 en cours au Groenland sur la goélette d’expédition La Louise avec le concours de la Fondation Veolia Environnement ; les dernières évolutions de la version 2.0 de l’OceanoScientific® System ; l’état d’avancement du prototype de logiciel IBM commandé par SailingOne pour renforcer l’efficacité de l’OceanoScientific® System ; le point sur les développements 2012-2013 ainsi que l’accueil dans le groupe de travail du Programme OceanoScientific® de l’expert espagnol Jordi Salat de l’Institut de Ciences del Mar - Consejo Superior de Investigaciones Cientificas (ICM-CSIC). La prochaine réunion générale (R8) se tiendra à l’automne en Basse-Normandie.
De gauche à droite : Denis Diverrès (IRD), Martin Kramp (SailingOne), Jordi Salat (ICM-CSIC), Gilles Reverdin (LOCEAN / INSU-CNRS), Fabienne Gaillard (IFREMER), Yvan Griboval (SailingOne), Marc Yvon (IBM), Patrick Farcy (IFREMER), Pierre Blouch (Météo-France), absent sur la photo : Christophe Chaumont (SailingOne). Photo SailingOne
Record de fonctionnement
La Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012, menée par le consortium : SailingOne, SubCtech (Allemagne), IFREMER et Météo-France, avec le concours de la Fondation Veolia Environnement et de l’Association ROSS, est entrée dans sa deuxième phase le 22 mai. Christophe Chaumont (SailingOne) a en effet rejoint la goélette d’expédition arctique La Louise à Nuuk (capitale du Groenland) afin de procéder aux contrôles mécaniques et informatiques après trois mois de fonctionnement de l’OceanoScientific® System embarqué.
Cliquez ici pour télécharger le leaflet Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012
Dans une ambiance réellement arctique, la goélette d’expédition La Louise sort le 22 mai de la Baie de Nuuk (Groenland) pour la seconde phase de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012. Photo SailingOne
Nouveau record de fonctionnement pour l’OceanoScientific® System (Version 2.0) embarqué à bord de La Louise, la goélette d’expédition arctique menée par Thierry Dubois. En effet, l’OSC System a fonctionné sans arrêt pendant 95 jours. Soit environ l’équivalent en durée d’un tour du monde à la voile en course sans escale, c’est-à-dire quasiment la plus longue période entre deux retours à terre, deux opérations de maintenance (départ - arrivée). Notons que cette version du prototype de l’OceanoScientific® System collecte effectivement les données de qualité scientifique des douze paramètres déterminés par les chercheurs. Les données sélectionnées par les scientifiques sont transmises automatiquement par satellite aux plateformes de la communauté scientifique internationale.
L’IFREMER, par la voix de Fabienne Gaillard (Chercheur au Laboratoire de Physique des Océans / Directeur de recherche Physique des océans du Programme OceanoScientific®) s’est déclaré “satisfait de la qualité du fonctionnement de l’OSC System. Les informations collectées vont enrichir nos bases de données tant pour l’usage en océanographie opérationnelle que pour les études climatiques“. Jean-Baptiste Cohuet (Responsable de l’unité OCE - Division des systèmes d’observation OCEanique de Météo-France) a précisé : “Le monitoring des données météorologiques qui nous parviennent toutes les heures indique que les observations de La Louise sont de qualité, en accord avec les modèles de référence. Ces informations sont donc utilisables pour alimenter les prévisions météorologiques“.
La Louise continue ses navigations à proximité de Nuuk jusqu’à la fin de ce mois de mai. Le premier juin, elle mettra le cap au Nord, à destination de la Baie de Disko. Puis, une fois que la zone arctique deviendra navigable pour un voilier, a priori au début du mois d’août, l’équipage s’engagera encore plus au Nord, en Baie de Baffin. La Campagne OceanoScientific® - MISSION ARCTIQUE 2012 entrera donc dans sa troisième phase, dans une zone peu ou pas explorée scientifiquement à l’interface océan-atmosphère, là où l’OceanoScientific® System opère avec de plus en plus d’efficacité au fil des mois.
Christophe Chaumont (SailingOne) a profité d’une escale de La Louise à Nuuk (Groenland) pour procéder à la maintenance mécanique et informatique de l’OceanoScientific® System - Version 2.0 après 95 jours de fonctionnement. Photo SailingOne
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- Tecla rejoindra la flotte OceanoScientific® en 2014 - Mardi 28 mai 2013 - 15:08
- Huitième réunion du Programme OceanoScientific® à bord du BOREAL - Mercredi 22 mai 2013 - 08:05
- Le prototype 2.1 de l’OSC System de retour à terre - Mardi 07 mai 2013 - 13:07
- Mission Antarctique 2013 accomplie avec succès - Lundi 29 avril 2013 - 17:06
- Le Programme OceanoScientific® au FerryBox Workshop - Lundi 29 avril 2013 - 16:57
- Escale au milieu de nulle part - Mardi 16 avril 2013 - 13:55
- La Longue Route - Mardi 02 avril 2013 - 11:54
- Seuls Eole et Neptune décident ! - Mardi 26 mars 2013 - 11:31
- Toujours plus Sud - Mardi 19 mars 2013 - 12:30
- Le Grand Voyage - Lundi 11 mars 2013 - 10:16
- Deuxième mission achevée - Mardi 05 mars 2013 - 14:07
- Au milieu du Détroit de Drake - Vendredi 01 mars 2013 - 11:42
- L’OSC System démontre sa fiabilité - Lundi 25 février 2013 - 14:30
- Déjà de retour en Antarctique - Lundi 18 février 2013 - 12:09
- Première mission réussie - Mardi 12 février 2013 - 11:11
- Premier retour vers Ushuaia - Lundi 04 février 2013 - 17:50
- Bark EUROPA toujours plus sud - Mercredi 30 janvier 2013 - 11:26
- Cap au Sud sur l’Antarctique - Mardi 22 janvier 2013 - 12:27
- Préparation Mission Antarctique 2013 - Vendredi 18 janvier 2013 - 09:28
- Mission Antarctique 2013 à la voile - Jeudi 27 décembre 2012 - 10:39
- Préparation de la Campagne OceanoScientific® - MISSION ANTARCTIQUE 2013 sur LE BOREAL - Mardi 23 octobre 2012 - 15:05
- Retour à la maison - Jeudi 20 septembre 2012 - 14:36
- Retour de la Mission Arctique 2012 - Mercredi 12 septembre 2012 - 18:20
- Mission Arctique 2012 accomplie - Mercredi 22 août 2012 - 15:59
- Vingt jours de découverte au-dessus de 70° Nord - Mercredi 01 août 2012 - 09:08
- Derniers préparatifs - Mercredi 25 juillet 2012 - 14:50
- Voyage au Pays du Silence - Mercredi 25 juillet 2012 - 11:18
- Version 2.0 de l’OceanoScientific® System optimisée - Lundi 16 juillet 2012 - 09:04
- Réunion générale n° 7 à l’IFREMER - IRD Brest - Jeudi 28 juin 2012 - 14:59
- Record de fonctionnement - Vendredi 25 mai 2012 - 08:03






















